24 novembre : Journée du rachat en Afghanistan ?

 

Accueil Rubrique USA 11 Septembre 2001
« Les propos des personnages nommés ci-dessous sont le fruit imaginaire de l'auteur Phil Marso. Toutes ressemblances avec des personnes existantes seraient pure coïncidence ».

Pendant que nous fêterons la journée sans achat  samedi 24 novembre pour se donner bonne conscience, à Kaboul capitale tier-mondiste on s'active à consommer depuis le départ du régime taliban. Boycottyes a fait une visite virtuelle (Internet oblige !) sur l'un des marchés pour savoir ce que les kaboulis avaient l'intention de racheter.

Boldak Maktoumi (Alliance du Nord)

Je viens de Mazar-e-Charif où le général ouzbek Rachid Dostom règne en maître. On a chassé les russes en 1989. En 1992, la démission du président Najibullah un pro-soviétique nous a officiellement ouvert à un sport nationale. On a instauré un permis de tuer entre les moudjahidines. Une bonne petite guerre civile, histoire de ne pas mettre nos fusils dans la remise à grain de la croix rouge, il y a que ça de vraie comme vous autres occidentaux aiment répéter dans les bistros. Personnellement, je pensais aller pêcher des mines antipersonnel cet hiver. Le 11 septembre est passé par là. Bush a autorisé la chasse à Ben Laden dans toute l'Afghanistan. C'est du gros gibier. Paraît-il qu'il faut du calibre B52 pour en venir à bout. Sorry ! A Kaboul on n'a pas ça en magasin. Bah ! Le 13 novembre ça été l'ouverture de la chasse aux Pachtounes. 40% de la population, c'est envahissant. Il va falloir rééquilibrer "les morts" c'est une espèce par encore en voie de disparition chez nous.

Abdul Shakuri (Paysan)

Je suis à 20 km de Kaboul en pleine brousse. Mon exploitation agricole a tout connu. Les pillages, les bombardements des russes. On a été obligé de reconstruire à trois reprises. On s'est tellement habitué qu'à chaque fois la maison s'écroulait au sortie de l'hiver. On s'adaptait. La maison devenait une villégiature à cause du vent venant du sud. Les talibans ont fait augmenter la valeur de notre patrimoine immobilier car de nombreux reporters étrangers passaient par chez nous, en clandestinité. Attention ! A l'époque on donnait le lit et le couvert pour une misère. Les américains ont changé la donne. Ils ont plié notre baraque à coup de bombes à fragmentation. On a augmenté dans la foulée le prix du talus pour protéger les reporters. Aujourd'hui je viens à Kaboul racheter des morceaux de bombes à fragmentation. C'est un bon système anti vol, dissuasif pour les pilleurs de l'Alliance du Nord. En vérité, la consommation ça force l'esprit de propriété. Et de ce côté là, je suis près à ouvrir un gîte rural, avec récit et blessures de guerre en option.

Phil Marso (22 novembre 2001)

© MEGACOM-IK & Phil Marso / 2001-2008

« Enfumage » 100 dessins drôles sur l'actualité pour seulement 10 €

10 € - Disponible en librairie : ICI

 

 

 
mesure d'audience