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« Les propos des personnages nommés ci-dessous sont le fruit imaginaire de l'auteur Phil Marso. Toutes ressemblances avec des personnes existantes seraient pure coïncidence ».

 

Radio Garde à Vue sur la fréquence de police

Quatre cent mille personnes sont interrogées chaque année dans les commissariats et les gendarmeries. La Loi Sécuritaire au Quotidien (LSQ) va faire augmenter ce record. Il était question d'enregistrer les gardes à vue à l'aide d'un magnétophone pour constater les éventuels dérapages. Boycottyes vient d'enregistrer les aveux de Simon Balanco pressenti comme le futur directeur de Radio garde à vue.

Etes-vous conscient de la tâche qui vous attend M.Balanco ?

Je crois que mon rôle sera d'être à l'écoute de la justice dans les meilleures conditions. Il est vrai que la garde à vue a toujours été un silence radio pesant. J'ai l'intention d'y remédier.

Comment ?

Ecoutez ! Il est bon de replacer le débat dans son contexte. Auparavant, une garde à vue c'était un interrogatoire non-stop pendant 24 heures. Elle pouvait être prolongée de 24 heures supplémentaires avec l'aval du procureur de la république.

Qu'est-ce qui se passait pendant cette durée légale ?

On avait tendance à transformer une scène pépère à la Maigret en un véritable thriller. L'interrogatoire était souvent musclé, mais pas forcément au niveau du cerveau. Les aveux étaient systématiquement arrachés de la bouche. C'était l'horreur absolue pour le citoyen qui n'avait rien à se reprocher à la première heure de garde la vue. A la vingtième il était doué pour être conteur. Maintenant, nous allons changer les règles du jeu. Une bande audio sera l'unique témoin de ce qui se passera lors de l'entretien entre le suspect et l'inspecteur de police. Ce huis clos sera ensuite diffusé dans les prétoires par souci d'information complémentaire. Radio Garde à vue n'a pas pour mission de faire du direct mais de l'audience.

Le direct est pourtant plus intéressant sur le plan radiophonique.

Je crois qu'il perdrait de la crédibilité notamment dans les comparutions immédiates de personnes ayant commis des violences urbaines. Jugé de suite, il ne serait plus question de minutes mais d'heures car il faudrait écouter l'enregistrement de ladite garde à vue. Je vais tout de même demander une dérogation pour élargir mon champ d'écoute autre part que dans les commissariats et gendarmeries.

Vous pensez à quel lieu ?

La XIIIe chambre correctionnelle du tribunal de Paris qui juge les flagrants délits. C'est complètement dans l'esprit de la radio d'aujourd'hui : "faisons court et vite" ! Ce sera en quelque sorte notre flash info qui interviendra toutes les heures à l'antenne. La petite minute d'émotion forte comme au J.T. de nos télévisions françaises.

M.Balanco regrettez-vous que la justice n'a pas poussé le projet jusqu'à créer TV GARDE A VUE ?

Une chaîne ce serait plus percutant, mais vous connaissez comme moi les moyens dont dispose la justice. L'image à mon sens est plus parlante. Notamment lors de la fouille corporelle du suspect qui est, selon moi, un viol légal.

Mettre une caméra lors d'une garde à vue serait plus spectaculaire.

Figurez-vous que la caméra a toujours existé lors d'une garde à vue. Elle est cachée dans le blanc des yeux de l'inspecteur de police. Le suspect est souvent blême. Il faut être abonné au procès verbal pour décrypter une garde à vue. Maintenant, si la caméra était plus grand public on devrait supprimer les interrogatoires interdits au moins de 18 ans. Il faudrait être assez perfectionniste pour faire des effets de manchette sans que le spectateur s'aperçoive que le suspect a été violemment frappé au visage. T.V. garde à vue aurait l'avantage de diffuser des séquences sous-titrées. Le cinéma du magreb a toutes ses chances.

M.Balanco ne seriez-vous pas un raciste primaire ?

Bonne question ! Je pense que l'expérience de Radio garde à vue est bien suffisante. Les policiers vont devoir surveiller leur langage. Le principe de la radio s'est de ne pas chercher ses mots au moment de prendre la parole. La spontanéité est mieux perçue pour les auditeurs. J'ai bien peur que les policiers se lâchent trop facilement.

Phil Marso (14 novembre 2001)

© MEGACOM-IK & Phil Marso / 2002. Lire d'autres sketches satiriques sur Star Academy & Loft Story et les évènements suite au 11 septembre 2001. Si vous trouvez des fautes d'orthographe dans ce texte, veuillez les communiquer à Phil Marso. D'avance merci !

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Mad Professor & Macka B «We had enough» extrait de l'album «Rolling Stone reegae"

(Ce titre a été juste emprunté pour illustrer le propos du texte ci-dessus)