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Les poubelles de l'Est trient les catastophes industrielles |
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Au delà de la catastrophe de Toulouse du 21 septembre dernier, il est bon de rappeler que notre planète est une véritable poudrière chimique. Est-ce que vous vous souvenez du 31 janvier 2000 ? L'usine roumaine Aurul qui a pour activité l'exploitation d'une mine d'or est responsable d'une pollution écologique sans précédent. Située à Baia Mar, à 70 km de la frontière hongroise, une digue de décantation de l'usine a subi une rupture due à la fonte des neiges. Cent mille mètres cube d'eau, pleine de cyanure servant à extraire l'or des métaux s'écoulent brutalement dans la rivière de Samos, qui se jette dans le Tisa en Hongrie. Réaction en chaîne, le cyanure continue la liquidation des poissons dans le Danube. Boycottyes a rencontré Vladimir Douga responsable des poubelles à l'Est.
M.Vladimir Douga en quoi consiste votre métier ?
Vous autres Européens vous avez eu la bonne idée de faire le tri des déchets dans des poubelles de couleurs différentes. A l'Est, on a vu plus grand en proposant des poubelles à ciel ouvert. L'avantage c'est que je peux identifier la catastrophe à vue de nez.
Vous avez donc des containers pour le verre, le papier, le plastiqueEuh J'utilise un planeur pour sonder les poubelles de l'est de l'Europe. Ceci est une technique qui a été lancée après le vent de panique de Tchernobyl. On s'est aperçu que c'était pratique pour étudier l'étendue des dégâts.
Comment procède-t-on dans la pratique M.Vladimir Douga ?Il a fallu que l'on détermine les poubelles géographiquement. Puis, nous les avons personnalisées suivant leur contenu toxique et leur seuil de tolérance. Ce calcul comportemental s'effectue suivant le niveau de débordement inacceptable pour l'environnement atmosphérique. J'avoue que la méthode est très technique. Il est de notre devoir de rien laisser au hasard.
Vous avez donc des outils de mesures à votre disposition ?Non ! On fait ça au feeling. La poubelle "Mourmansk" installée dans la région du nord de la Russie proche de la frontière finlandaise contient 270 réacteurs nucléaires entassés sur quelques kilomètres carré. Ils étaient utilisés pour des objets domestiques tels que les centrales nucléaires et les sous-marins. On 'hésite à s'en débarrasser. Ils ont un temps de décomposition radioactive de 50 ans voire plus. Il faut respecter cette lenteur auto-dégradable. On économise au moins le voyage vers l'incinérateur.
Vos propos me font froid dans le dos M.Vladimir Douga.Vous êtes vraiment une petite nature. On a dans la baie de Vladivostok des sous-marins atomiques classés zone interdite. C'est bon de savoir que c'est chez nous et pas ailleurs. On peut ainsi observer l'étanchéité radioactive de nos poubelles à venir.
La propreté ce n'est pas votre fort M.Vladimir Douga.Détrompez-vous ! La poubelle "Djerzinks" visible à 400 km à l'est de Moscou présente tous les parfums chimiques qui font place nette à l'odeur humaine. C'est un savant mélange de chlore et de soufre. Les habitants acceptent cet embaumement quotidien.
Les autorités sanitaires affirment que l'espérance de vie moyenne pour un homme est de quarante-cinq ans.Normal ! Une poubelle ça doit se nettoyer régulièrement même si le chimique décape. On attend toujours les subventions européennes pour changer la poubelle de place. Cent kilomètres plus loin des regards indiscrets seraient souhaitables. Les "fouille-merde" de "Greenpeace" sont toujours à rôder autour. Si j'ai un conseil à leur donner il y a d'autres adresses.L'ex-RDA et l'ex-Tchécoslovaquie sont aussi en pointe dans le domaine chimique. Nous avons le sens du raffinement en Russie.
Vous faites allusion à la raffinerie d'Oukhta ?Da ! L'explosion en 1995 d'un oléoduc qui avait versé 300 000 tonnes de pétrole brut à l'arrivée dans l'Arctique, via le fleuve Petchora a fait prendre conscience du danger.
Lequel ?Il n'est pas souhaitable d'avoir un vide-ordures collectif comme dans un HLM. L'effet est catastrophique car l'usager n'est pas capable d'évaluer le taux de cochonnerie qui va atterrir dans ladite poubelle. Cependant le cas d'Oukhta a été réétudié pour ne pas faire les mêmes erreurs. On a opté pour la poubelle "ambulante" via le pétrolier battant pavillon de complaisance. La poubelle reste sur place une année le temps de colmater les fuites, les dégradations de la rouille. Ensuite, nos déchets mazoutés qui ont mariné et apte aux cancers de la peau voyagent à l'air du grand large.
Il paraît que vos poubelles peuvent se transformer en bassin d'épuration.Mieux ! Le lac Baïkal est une avancée technologique en matière de stockage de pollution. Si vous préférez cette étendue d'eau est la plus grande réserve d'eau douce de la planète. Nous avons réussi à faire cohabiter des agents toxiques à base de soufre provenant d'une usine de pâte à papier. C'est un peu comme dans votre cuisine. Le sac à provision n'est pas loin du sac poubelle. Personne ne s'en offusque.
M.Vladimir Douga cette situation n'est que provisoire. Le temps de ranger les courses dans le placard.Et bien nous sommes capables de l'harmoniser pour rendre la situation acceptable aux yeux de la communauté européenne. L'avantage de l'Est c'est sa superficie. Nous avons assez de place pour ranger nos poubelles.
Phil Marso (7 octobre 2001)
« Les propos des personnages nommés ci-dessus sont le fruit imaginaire de l'auteur Phil Marso. Toutes ressemblances avec des personnes existantes seraient pure coïncidence » © MEGACOM-IK & Phil Marso / 2002. Lire d'autres sketches satiriques sur Star Academy & Loft Story et les évènements suite au 11 septembre 2001. Si vous trouvez des fautes d'orthographe dans ce texte, veuillez les communiquer à Phil Marso. D'avance merci !Vous avez apprécié ce texte ? Soutenez l'écrivain indépendant Phil Marso en cliquant ICI |
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