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« Les propos des personnages nommés ci-dessous sont le fruit imaginaire de l'auteur Phil Marso. Toutes ressemblances avec des personnes existantes seraient pure coïncidence ».

 

La fête du cinéma : cuvée 2001

Pour sa dix septième édition, la fête du cinéma se déroule sur trois jours (Dimanche 1, lundi 2, mardi 3 juillet). Nous avons interpellé quelques cinéphiles à la sortie des salles obscures.

Jean, 45 ans (Curé)

Je me suis toujours demandé si dans l'obscurantisme d'une salle de cinéma, on pouvait trouver le chemin de la lumière. Quoi qu'il en soit, les fidèles sont nombreux. Ils se bousculent à l'entrée. Certains d'entre nous, hommes d'église, pensons que les âmes se déchirent face à un écran de cinéma. C'est un véritable confessionnal ! Quant à la lumière me direz-vous ? Très utile, surtout quand il faut trouver la porte des toilettes.

Mc Rachid, 20 ans (Rappeur)

Faut toujours qu'on me demande mon avis sur tout. A croire que je suis une légende sociale vivante. Le cinoche, c'est pas toujours le bon plan. L'année dernière, j'ai des potes qui se sont inspirés d'un film pour faire le braquage d'une banque. Pour pas être pris pour des nazes, ils ont évité le remake. Ils se sont attaqués à une société qui livre des pizzas à domicile. Manque de chance, il y avait pas de fric. Ils ont juste raflé le fichier-clientset un bocal de 10 Kg d'olives noires. Les caméras les ont filmés à visage découvert. Ils sont nuls au point d'avoir envoyé une lettre d'embauche avec photo à l'appui, la veille du bracage. Mauvais scénar !

Jeannette, 42 ans (Célibataire)

J'en garde un très mauvais souvenir. J'avais été à la dernière séance pour aller voir "Les Nuits Fauves". Au moment où je donnais10 balles à la caissière. Une bande de jeunes m'a bousculé pour passer devant. J'ai râlé ! C'est là qu'un de ces morveux a sorti de sa poche un flingue, et a poussé le cran de sureté. C'était vraiment une scène de "l'arme fatale". Les gens derrières n'ont pas paniqué. Heureusement l'autre s'est calmé en demandant une place pour "l'impitoyable".

Eric,22 ans (Etudiant)

C'est géant ! Chaque année je me tape 3-4 séances par jour. A ce rythme ça créait forcément une vocation. Je suis devenu un serial-cinoche. Maintenant pour brouiller les pistes, je change régulièrement d'adresse. Deauville, Cannes, Avoriaz, La Rochelle, Nantes, Montpellier, Cognac, Chamrousse, Venise, Berlin. Vous verrez dans quelques années on parlera de moi. Je serai un de ces fameux "serial-killers" en présentant ma carte de critique de presse.

Charles, 34 ans (Critique cinéma)

Ecoutez, des films j'en vois chaque semaine dû à mon métier. Je n'arrête pas d'assister à des projections de presse. Je pourrais même dire que je passe plus de temps dans une salle obscure que dans des chiottes. Vous allez me demander quel rapport avec la fête du cinéma ? Et, bien pour moi ces trois jours ont un véritable air de fête. Là au moins, je me mélange avec la populasse. Et figurez-vous que je me retiens plus. Je pête, je rote, je chatouille ma voisine, je siffle, je gueule, je bouffe, je fume et je double tout le monde à la file d'attente sans même montrer ma carte. Je m'éclate quoi ! Avec les professionnels ils sont tellement constipés de la face, qu'ils se vengent ensuite dans leur papier.

Julie, 68 ans (Retraitée)

J'adore le cinéma depuis ma plus tendre enfance. La fête du cinéma est pour moi une façon d'être au contact des jeunes. Attention, je me fais un sacré coup de lifting avant d'y aller. Le premier jour, je fais en sorte d'aller voir les films majeurs du moment. Le deuxième jour, je me transforme en Tatie Danielle et dans les files d'attentes je parle toute seule. Pas de mes problèmes, non ! non ! Je raconte le film à l'affiche. Les jeunes aiment ! Le troisième jour, je remplace mon dentier par des dents à la dracula et je fais un grand sourire à la caissière. En fait, je suis une blagueuse du feu de Dieu. Il faut dire qu'à ma maison de retraite voir tous ces vieux collés du matin au soir devant la téloche, ça me déprime.

Phil Marso

© MEGACOM-IK & Phil Marso / 2002. Lire d'autres sketches satiriques sur Star Academy & Loft Story et les évènements suite au 11 septembre 2001. Si vous trouvez des fautes d'orthographe dans ce texte, veuillez les communiquer à Phil Marso. D'avance merci !

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